Océan & GlisseNouveau29 septembre 20269 min

Surf à Essaouira : quel spot choisir selon son niveau

Surfeur sur une vague de la côte d'Essaouira, spot de surf selon le niveau

On vient à Essaouira pour le vent, et on repart souvent surpris d'y avoir surfé. La réputation de capitale de la glisse a fini par éclipser une évidence géographique : la ville est posée au milieu d'une côte atlantique ouverte plein ouest, avec des vagues douces au centre et des vagues sérieuses à vingt minutes de route.

La vraie question n'est donc pas de savoir si on peut surfer ici. On peut, toute l'année. C'est de savoir où, et à quelle heure. Se tromper de plage à Essaouira, c'est la différence entre une première session réussie et deux heures à se faire rincer par un shorebreak qui ferme.

Voici les six spots du secteur, ce que chacun demande vraiment, la fenêtre horaire qui change tout, et le calendrier saison par saison.

Les trois choses qui décident de votre session

Tout se joue sur trois paramètres, et ils suffisent à expliquer pourquoi deux plages distantes de quinze kilomètres n'ont pas du tout les mêmes vagues le même jour.

  • La houle vient du nord-ouest. C'est la direction dominante sur cette portion de côte. Un spot exposé à ce secteur reçoit tout, un spot masqué ne reçoit presque rien.
  • Le vent se lève l'après-midi. C'est une brise thermique, expliquée en détail dans notre guide du vent à Essaouira. Traduction pour un surfeur : la mer est lisse le matin et hachée l'après-midi.
  • L'île de Mogador protège la baie. Les îles Purpuraires, face au port, cassent une partie de la houle avant qu'elle n'atteigne la plage de la ville. C'est exactement ce qui fait de la grande plage un spot de débutant, et de Moulay Bouzerktoune, à quinze kilomètres au nord et sans le moindre abri, un spot de confirmé.

Retenez la logique, elle vous servira tous les matins : plus on s'éloigne de la baie, plus la vague grossit.

Les six spots, du plus doux au plus sérieux

SpotDistance depuis EssaouiraType de vagueNiveauMeilleure périodeCe qu'il faut savoir
La grande plage d'Essaouiracentre-ville, à piedbeach break abrité par l'île de Mogadordébutantnovembre à marsFonctionne à toutes les marées, rarement bondé
Tagharte, au sud de la plage20 à 30 min à piedbeach break plus exposédébutant confirménovembre à marsFerme vite dès que la houle monte
Cap Sim, vers Diabatenviron 15 km au sudpoint break de droite, fond de sable et de rochersintermédiaireautomne et hiverAccès par piste, mieux vaut être accompagné
Sidi Kaouki25 à 30 km au sud, 30 min de routebeach break sur 2,5 km, plus une pointe rocheusedébutant à intermédiairenovembre à avrilCinq à six pics distincts, des rochers et des courants
Moulay Bouzerktoune15 km au nord, 30 min de routevagues puissantes sur fond rocheuxconfirméhoule d'hiver, vent du printemps à l'automnePlage non surveillée
Tafednaenviron 60 km au sud, 1 h 30pointe de droite au nord, 4 km de picstous niveaux, mais isoléoctobre à avrilVoiture indispensable, les taxis n'y montent pas

Débutant : la baie de la ville, et rien d'autre les premiers jours

C'est le point sur lequel nous ne transigeons pas, et ce n'est pas de la prudence excessive.

  • Le fond est en sable, sans rocher, sur toute la longueur de la grande plage.
  • L'île filtre la houle. En hiver, la vague arrive à hauteur de poitrine, ce qui est exactement la taille où l'on apprend.
  • Le spot marche à toutes les marées, donc la session ne dépend pas d'un créneau étroit.
  • On y accède à pied depuis la médina, et on ressort à pied. Un détail, jusqu'au jour où l'on est épuisé.
  • Une école est sur place, ce qui règle la question du matériel et de la combinaison.

La meilleure fenêtre pour une première fois va d'avril à juin : la houle est petite mais régulière, et le vent n'a pas encore son intensité d'été. Une session encadrée en collectif suffit largement pour tenir debout dans la semaine.

Une seule mise en garde : la partie sud de la plage, vers Tagharte, est plus exposée et ferme d'un coup dès que la houle forcit. Notre guide des plages d'Essaouira situe précisément où s'arrête la zone tranquille.

Intermédiaire : Sidi Kaouki d'abord, Cap Sim ensuite

Quand la baie devient trop sage, la suite logique se trouve à une demi-heure au sud.

Sidi Kaouki, c'est deux kilomètres et demi de plage et cinq à six pics distincts, ce qui veut dire qu'on choisit son morceau au lieu de subir celui qui est là. La pointe rocheuse du nord donne des vagues plus raides qui s'ouvrent ensuite, et le pic situé devant le marabout produit des gauches courtes et des droites plus tolérantes, accessibles à presque tout le monde. Le spot marche à toutes les marées.

Deux réserves, sérieuses. Il y a des rochers, et il y a des courants d'arrachement. Passer voir une école sur place avant de se mettre à l'eau n'est pas une politesse, c'est ce qui vous évite de perdre une heure à remonter le courant. Pour y aller, comptez trente minutes de route : un transfert privé est plus simple qu'un taxi négocié au retour, quand on est trempé et qu'il fait nuit.

Cap Sim, en direction de Diabat, est l'étape suivante : un point break de droite sur fond de sable et de rochers, qui demande un vrai niveau intermédiaire et un accès par piste. C'est aussi l'un des plus beaux morceaux de côte du secteur, que l'on peut reconnaître autrement qu'à la nage, par exemple lors d'une sortie en buggy le long du littoral.

Confirmé : Moulay Bouzerktoune, puis la route du sud

Quinze kilomètres au nord, Moulay Bouzerktoune est l'exact opposé de la baie : aucun abri, un fond rocheux, des vagues souvent impressionnantes, et une plage non surveillée. C'est un spot pour surfeurs expérimentés, pas pour une sortie improvisée.

C'est aussi, et surtout, l'un des grands spots mondiaux de vague à voile. L'alizé de nord-est y souffle toute l'année entre force 4 et force 5, et monte jusqu'à force 7 de la mi-mars à la mi-septembre. Autrement dit, en plein été, ce que vous voyez au large relève plus souvent du windsurf et du kitesurf que du surf.

Plus au sud, Tafedna est à une heure et demie de route, avec une pointe de droite au nord du village et quatre kilomètres de pics. La saison y va d'octobre à avril, et il vaut mieux éviter la période de mai à septembre, chaude et ventée. Prévoyez un véhicule : les taxis n'y vont pas.

L'heure compte plus que le spot

Si vous ne deviez retenir qu'une seule ligne de cet article, ce serait celle-ci : à l'eau au lever du jour, sorti avant midi.

  • Au petit matin, la mer est lisse et la houle arrive propre. C'est la meilleure heure de la journée, toute l'année et sur tous les spots.
  • En début d'après-midi, la brise thermique rentre et hache la surface.
  • En fin d'après-midi, c'est le pic de vent. Le plan d'eau appartient alors au kite et au wingfoil, et le surf devient franchement pénible.

En été, la règle devient une contrainte : avant onze heures ou midi, sinon la session ne vaut pas le déplacement. Ce n'est pas une mauvaise nouvelle, c'est une invitation à organiser la journée comme les locaux le font. Surf au réveil, puis un atelier de poterie ou un atelier de cuisine marocaine l'après-midi, un hammam en fin de journée pour les épaules, et le tour est joué.

Notre guide du hammam à Essaouira explique comment se déroule le rituel.

Le calendrier du surf, saison par saison

SaisonHouleTempérature de l'eauCombinaisonPour qui
Janvier à marsla plus grosse de l'année, 2 à 3 m sur les spots exposésenviron 17 °C4/3 mmintermédiaires et confirmés dehors, débutants dans la baie
Avril à juinpetite à moyenne, mais régulière17 à 19 °C3/2 mmla meilleure fenêtre pour débuter
Juillet à septembrepetite et quotidienne20 à 21 °Cshorty ou 3/2 mmtous niveaux, à condition d'être sorti avant midi
Octobre à décembresolide, en hausse jusqu'en décembre18 à 20 °C3/2 à 4/3 mmtous niveaux, et la période la plus tranquille de l'année

Deux remarques que les statistiques de spot confirment. Décembre est le mois le mieux noté d'Essaouira, parce que la houle est là et que le vent est au plus bas. Et novembre est le mois où l'on est le plus seul à l'eau, ce qui explique pourquoi notre article sur Essaouira hors saison recommande cette période pour bien d'autres raisons encore.

À l'inverse, l'eau ne dépasse jamais 21 °C, même au plus fort de l'été. Une combinaison n'est pas un accessoire ici, c'est la condition pour rester deux heures à l'eau. Si vous hésitez encore sur vos dates, notre guide sur la meilleure période pour venir à Essaouira reprend chaque saison en détail.

Sécurité : les quatre choses qui gâchent une session

Rien d'alarmant, mais rien de négligeable non plus.

  • Les courants d'arrachement, à Sidi Kaouki en particulier. Demandez l'état de la mer le matin même à une école, pas la veille au soir.
  • Les rochers, à Moulay Bouzerktoune et sur la pointe nord de Sidi Kaouki. Ils ne se voient pas à marée haute.
  • Les plages non surveillées. Dès qu'on quitte la grande plage de la ville, il n'y a plus de poste de secours. Ne surfez pas seul.
  • Le vent d'après-midi, qui pousse vers le large. C'est la raison la plus fréquente des sorties de zone, et la moins anticipée.

Cours, location ou session libre ?

La réponse dépend moins de votre niveau que de votre connaissance du coin.

  • Débutant : un cours, en collectif ou en privé, matériel et combinaison compris. C'est le seul format qui a du sens la première semaine.
  • Intermédiaire : location de matériel et, au moins la première fois, quelqu'un qui vous indique le pic du jour. C'est le vrai service d'une école locale, bien plus que la planche.
  • Confirmé : un véhicule, votre planche, et la liberté d'aller là où la houle est bonne ce matin-là.

Dans tous les cas, la question à poser est toujours la même : où faut-il aller aujourd'hui ? La réponse change tous les jours, et c'est précisément pour ça qu'on ne la trouve pas dans un article.

Pour situer le prix d'un cours dans le reste de la journée, voyez combien coûte une journée à Essaouira.

Et les jours sans vague ?

Ils existent. La houle tombe, ou le vent la démolit avant dix heures. Ces jours-là, la côte reste largement fréquentable : une sortie de pêche traditionnelle au petit matin, une matinée d'observation des oiseaux à l'embouchure de l'oued, ou une randonnée dans la forêt d'arganiers, à l'abri du vent.

Et si la journée est vraiment mauvaise, la médina prend le relais : une visite guidée dans des ruelles naturellement protégées, ou un escape game qui fonctionne aussi bien en famille qu'entre amis. Notre itinéraire de trois jours et notre sélection des plus belles plages des environs donnent le reste des idées.

La plage sauvage de Sidi M'Barek, au sud de la ville, se découvre aussi à pied : notre guide de Sidi M'Barek en détaille le parcours.

Dites-nous votre niveau et vos dates : on vous dit sur quelle plage aller, à quelle heure, et avec qui.